Vèvè des Tambours, des Baguettes et du Hogan

Ce qui frappe dans ce Vèvè, c'est en premier lieu les trois cercles rayonnés se détachant sur l'armature médiane en jaune. Point n'est besoin de chercher longuement, nous sommes en présence de trois tambours vus en plan.

Les rayons simulent en réalité et fort bien les cordelletes qui à l'aide de clefs en bois maintiennent tendue la peau de cabri recouvrant la plus forte extrémité du cône en bois d'arbre creusé: le corps du tambour, boîte à résonance.

La batterie RADA ou ARADA est formée du HOGAN et de trois tambours. Le plus grands des trois, le MAN-MAN- ou HOUN est représenté sur notre figure par le cercle placé en haut. Au-dessus se voit la baguette fourchue servant à la battre.

Le cercle du mileu est pour le SECOND ou HOUN'LI. Il est battu par une baguette droite et une courbe qui est exactement un arc miniature.

Le troisième cercle ets le HOUN'LA ou BOULA. Les deux baguettes droites du bas lui sont destinées.

Entre le cercle du milieu et celui du bas nous trouvons le HOGAN au son nerveux et grêle. Avec sa baguette métallique, c'est un instrument en fer de la forme indiquée sur le diagramme. Il est touché par le HOGANI en frappements successifs accompagnant les tambours. A l'envoi d'une chanson vodouesque, il donne de la.

- Sous l'emprise de la dure nécessité, une quelquonque misérable feraille fait souvent office de HOGAN. -

L'intelligente stylisation réalisée dans cet emblème, met en relief une fois de plus, on ne saurait le nier, la conception artistique très avancée de l'homme du Peuple en Haïti. Ce serait même le lieu, si malheureusement la place ne vous était mesurée, de faire intervenir le mot CULTURE dans toute sa force et son étendue.

Toutes les parties de ce VEVE sont intimement liées, de même concurrent à faire naître le rhytme, les trois tambours et le HOGAN.

Dans la note graphique, la barre médiane sert de trait d'union; elle est terminée en haut et en bas par le signe OGON-BELIER-FEU salué par deux étoiles VODOU.

A l'intérieur de chaque cercle apparaissent encore les signes du FEU menaçant, mais n'ayez crainte, l'ardeur en est tempérée par la présence des "vé" renversés impli - quant toujours FERTILITE.

En VODOU, les tambours ne sont pas dieux ou LOAS, mais ils leur servent d'habitat. A ce titre, ils ont un caractère hautement sacré et sont servis à l'occasion, toujours salués durent les cérémonies.

A sa naissance, c'est à dire quand il sort des mains habiles de l'artisan ignoré, le tambour, avant de rentrer en fonction et pour réspondre à ses fins, doit être baptisé ou "monté"

N'importe qui peut assister au COUCHER-DES TAMBOURS, cérémonie qui consiste à rendre symboliquement à ces instruments l'énergie vitale défaillante après un certain temps d'usage. Cette énergie est materialisée dans notre emblème par les quatre hiéroglyphes du FEU se trouvant en rouge à l'intérieur des cercles

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